10/07/2007
En guise d'au revoir...
A la base, les deux dernières semaines devaient être utilisées pour monter un produit touristique responsable sur une grande partie du territoire camerounais afin de vous offrir un voyage exceptionnel... Sur le papier, il était pratiquement au point. Le problème, c'est que, par manque de temps et de moyen financier, ce projet a été reporté au prochain voyage ou au travail d'AFRECAM ici.
Les 15 derniers jours ont donc été consacrés à la rédaction des rapports, à différentes réunions de mise au point avec le ministère du tourisme pour revenir sur les réalisations de ces 3 derniers mois et... demain, pour continuer, ensemble, ce travail entamé de la construction d'une destination Cameroun, forte et responsable.
Bien sûr, j'ai également fait un peu de shopping pour vous ramener des souvenirs et avoir quelques objets locaux à revendre au profit de l'association. D'ailleurs, si vous êtes intéressés par des colliers, bracelets, statues et autres masques, faites moi signe (guillaume@sentierspourlenfance.com).
J'ai aussi trouvé mon costard pour le mariage de ma soeur!!
Et, enfin, je suis un peu sorti le soir pour voir "Douala by Night"! Direction, quartier et rues de la joie... Des bars dont les terrasses débordent largement sur la route, de très belles femmes qui vous dévorent gentillement (ou pas) du regard et la musique locale, du bikutsi ou du makosa qui crie toute la chaleur et la vie du pays. Alors que je prenais une bière sur l'une des "terrasses" avec deux amis, Jacques et Gaby et qu'ils me font gouter des racines et des noix soit disant aphrodisiaques (pour eux ptet) que des vendeurs ambulants proposent pour pas grand chose, une chose incroyable s'est passée. La musique, différente dans chaque bar, criaient à fond dans une cacophonie troublante. Et là, au loin, une petite clochette tentait de percer la vie des rues de la joie. Tout d'un coup, toutes les musiques s'arrétèrent, les voiturent se mettèrent sur le côté et les gens parlaient bien bas. Jacques me chuchotta. "C'est le chef du village!". Incroyable, alors que nous sommes en pleine nuit et que l'ambiance chauffe, tout s'arrète et voilà le chef traditionnel du quartier ou du village avec son cortège de notables. Ils apparaissent devant le respect des populations, comme un président, comme le Pape... Ils passent devant nous sans un regard. Dès qu'il a passé les premiers bars, la musique reprend, les discussions reprennent comme avant, comme si cette apparition n'était qu'un songe. Je reste bouche bée devant ce que je viens de voir...
Traditions, Rythme, Emotions, Vie, Nature... le Cameroun m'a montré beaucoup en 3 mois sur un pays que très peu connaissent réellement, que je ne connaissais moi même pas vraiment avant de partir.
Retour en France pour quelques temps ou moins... L'association a un véritable avenir... Avec vous, nous allons réussir à réaliser quelquechose de grand.
Continuez à nous soutenir sur www.sentierspourlenfance.com
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17/06/2007
Bouandjo, Conférences et retour a Ako’okas…
Bouandjo, Conférences et retour a Ako’okas…
Tout s’accélère sur cette fin de mission au Cameroun…
Suite a la journée mondiale pour un tourisme responsable et respectueux, je suis parti avec Bruno et Jacques, deux animateurs d’Afrecam, sur le dernier des sites pilotes, Bouandjo, a environ 55 km au Sud de Kribi en allant vers Campo.
Village pas si petit que ça qui a une particularité qui est d’avoir 3 chefferies au sein d’un seul village…
En fait, chaque groupe ethnique réclame un peu sa part du gâteau, il y a donc les pécheurs, les forestiers et les autres…
Gros travail de sensibilisation à faire pour arrondir les angles et trouver des solutions qui ne mettent pas en avant l’un ou l’autre des clans et faire comprendre que l’Union fait la Force…
Au final, je n’ai pas vraiment ressenti les conflits annonces. Je les trouve même plus important entre les générations… Les jeunes dynamiques qui souhaitent le changement et les patriarches toujours dans le paternalisme et l’assistanat.
Dans tous les cas, ce village a quelquechose de vraiment intéressant à proposer aux touristes, justement dans cette diversite ethnique ! Les pécheurs peuvent proposer des randonnées en pirogue en mer tout comme des petites activités de pêche traditionnelle aux crabes, aux poissons, etc. Alors que les forestiers peuvent faire découvrir le foret équatorial et tous ses mystères aux touristes… De quoi faire de nombreuses choses en un ou deux jours ici !
Apres 4 jours de travail, on a fait une petite balade en pirogue sur la rivière qui donne son nom au village et qui se jette dans l’océan. Quel régale de traverser la foret et de s’enfoncer dans les mangroves avant de finir a pied sur la plage et de regarder les nombreux crabes sortent la tête de leur trou… Pendant la balade dans la pirogue, on peut apercevoir de nombreuses espèces d’animaux… petits singes, nombreuses espèces d’oiseaux comme de magnifique martin pécheur ou encore de petits jaunes très sympa mais bien inconnu pour moi. Et bien sur, dans les mangroves, des crabes assez énormes mais aussi des petits batraciens assez délires comme de gros têtards avec des yeux globuleux qui se déplacent au sautant sur leurs petites nageoires avant !
Nous sommes repartis rapidement car j’ai du faire un aller – retour à Yaoundé ou je devais réaliser une conférence pour les députés junior... Ces enfants députés qui se présentent déjà comme des très grands (« Je suis l’Honorable… ») alors qu’ils n’ont qu’entre 8 et 16 ans, et qui ont pour but de faire entendre la voix de l’enfant camerounais au sein du gouvernement. Pour cela, ils doivent connaître les choses alors dans le cadre du Forum National des Enfants Députés sur les Pires Formes de Travail des Enfants, organise par l’Organisation Mondiale du Travail, j’ai présenté l’Exploitation Sexuelle des Enfants dans le Tourisme… Intéressant pour eux même si j’ai trouve le débat bien court et le nombre d’enfants bien trop important pour réaliser une vraie sensibilisation…
Enfin, je suis vite reparti vers Kribi (encore 290 km en bus pour 3h30) pour une conférence le lendemain auprès d’environ 35 hôteliers de la cite balnéaire camerounaise. J’y ai présente l’intérêt de développer un tourisme responsable dans un atelier intitule : Tourisme Responsable : Comment s’adapter au Tourisme de Demain ?
Un débat intéressant qui, malheureusement a vite tourne sur un point central, celui du tourisme sexuel a Kribi qui ramène de l’argent aux hôteliers… Apres avoir débattu et entendu quelques histoires pas très valorisantes pour l’Homme, je suis reparti des le lendemain pour Yaoundé, sans même pouvoir me baigner dans l’Océan.
Rapidement, j’ai quitte Yaoundé vendredi dernier pour Ebolowa afin de refaire cet atelier avec les hôteliers de la ville. Un débat plus intéressant qui n’a pas tourne sur le tourisme sexuel et qui a permis de passer en revue l’intérêt économique du développement du tourisme responsable pour chacun d’eux. Tout de suite après, je suis parti en taxi brousse a Ako’okas pour retrouver mon village, avec Jacqueline et Bruno.
Nous étions la il y a un mois avec Bruno pour mettre les premières pierres au projet. Nous revenions pour faire le point avec les populations. En arrivant, premier constat, la case d’accueil n’a pas avance beaucoup… Du dépit pour moi…
Apres quelques causeries, on comprendra que les populations ont surtout améliore leur service a offrir (Ca, ils l’ont bien compris !) comme les chambres chez l’habitant alors que la case d’accueil est tout le symbole du commencement de l’activité. Si la case n’est pas prête, comment le touriste peut-il deviner qu’il y a des chambres chez l’habitant pour se loger… Logique implacable pour certains, pas pour d’autres…
Mais c’est intéressant, il faut trouver les bons mots, les bonnes motivations sans rentrer dans l’assistanat tant réalise par les ONG internationales en Afrique, ça demandera du temps mais nous sommes sur la voie du développement, outil de lutte contre la pauvreté mentale.

Sentiment agréable de revenir chez soi dans son village avec en plus un nouvel ami !!
Puis, le lendemain, nous avons repris des motos faute de taxi brousse pour rejoindre Ebolowa. Dans les villages traverses, les gens me regardent en écartant les bras et en disant en boulou « Eh le blanc, pourquoi t’es sur la moto… ??? ». Ici, un Blanc qui n’a pas de 4x4 est quelque chose d’irréaliste… Triste réalité d’une brousse encore bien loin de la connaissance du monde… Et oui, tous les blancs ne sont pas millionnaires et ne roulent pas tous en 4x4… Sur la lancée, avant d’arriver sur le goudron, un enfant me regarde bizarrement, je le croise en moto, je me retourne pour suivre son regard et la, il me dit : « Chinois !!! » Je suis sur le cul, j’ai vraiment besoin de repos, je crois que mon esprit divague !! Retour a Yaoundé dans la nuit… Repos obligatoire !
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13/06/2007
Un Tour en Bus...
Un Tour en Bus…

J’ai beaucoup pris le bus en 2 mois. Entre Douala, Yaoundé, Kribi et Ebolowa, c’est vraiment le meilleur moyen de parcourir le pays pour les petits budgets (entre 2000 et 3000 F pour 150 à 250 km).
Quelques morceaux choisis de ce mode de transport bien sympa…
C’est le départ dans quelques instants, juste le temps de lire les inscriptions dans le bus : Ne pas parler au chauffeur, n’acceptez pas la vitesse, ne pas vomir dans le bus et… il est interdit de vendre des remèdes dans le bus. Or, c’est bien dommage que certaines agences refusent ça. Voila le récit d’un vendeur sacrement performant :
C’était au départ de Yaoundé pour Kribi. Il est monte dans le bus à la dernière minute avec un produit qui révolutionnerait le monde du téléshopping… A première vue, ce n’est pas grand-chose, juste qq brins d’une plante de brousse mais son discours pour les vendre est exceptionnel. A l’écouter, cette plante est véritablement miraculeuse. D’abord, elle guérit toutes les plaies et autres boutons pour rendre la peau lisse et fraîche… Même les stigmates de coup de machette… sans exagérer ses propos bien sur. Puis, elle guérit les articulations douloureuses. Vous avez mal au genou il suffit de l’appliquer, humide, et c’est bon au bout de quelques minutes. Magique je vous dis ! Il ajoute : « Vous avez déjà parle a quelqu’un ou même quand il dit simplement bonjour ou bonsoir, c’est comme le chien qui a pete ! » selon ses propres mots. « Ca veut dire que l’odeur vient du ventre, une infusion de cette plante fera de vos paroles un parfum de rose…. » Mmh, cool !
Pendant plus d’une heure, il nous présente les bienfaits de cette plante. Il passe en revue de nombreuses maladies : l’enfant qui pleure, les douleurs de dents si pénibles qu’on a envie de s’arracher la dent, les problèmes d’érections et d’éjaculation précoce et enfin, la chute des cheveux a la Petrolan. Incroyable !! Comment ne pas croire en la supercherie< Et les quelques brins pour seulement 1500 Francs… A la fin de son discours rondement mené, j’ai bien ri dans mon coin, je pense qu’il va repartir sagement tel un comédien après un bon spectacle. Mais non, son discours a touche de nombreuses personnes. Il vend ses plantes en quelques minutes ! Respect. Pour ceux qui n’ont pas réussi a avoir de plantes, ne soyez pas tristes, j’ai encore le savon Delta + qui fait… a peu près les mêmes effets que la plante ! lol
Apres 1h30, le mec a fait un sacre bon chiffre d’affaires. Il aurait vraiment eu sa place sur la chaîne du téléshopping ! Il s’en va à un petit péage les poches bien pleines.
Quand le bus s’arrête, les vendeurs ambulants crient leur produits : « Arachides, arachides grillées ! », « Eau, eau bien glacée ! », « Fos, fos ! », « Prunes, bananes, plantains, orange, coco, etc. ». On peut tout acheter ! Joyeuse cacophonie du marche ambulant où il ne faut pas oublier sa monnaie ou sa marchandise au moment ou le bus redémarre !!
Quelques mètres plus loin, c’est la police ou la gendarmerie qui arrête le bus pour vérifier les pièces d’identités mais véritablement pour trouver une petite chose qui cloche dans le bus ou sur une carte pour réclamer un petit per diem. Triste constat de la corruption endémique et bien connue de tous. Le chauffeur en aura assez à un barrage suivant… Il accélère et les policiers s’écartent au dernier moment….Il y a un moment ou la corruption devient bien trop pénible… On entendra dans le bus : « C’est eux qui gâtent le pays !! » Pas faux selon moi !
Enfin, on reprend la route normalement… Le comédien vendeur parti, le chauffeur met la musique a fond. Bikutsi, Makusa, on sent rapidement les chansons apprécies… les têtes commencent a bouger, puis les épaules et c’est la jambe qui tape du pied ! Si la chanson est vraiment bonne, c’est même quelques personnes qui reprennent en cœur les refrains. C’est incroyable certaine chanson, vous n’écoutez même pas forcement mais le rythme vous prend, votre jambe bouge et la magie opère ! Bonne musique que ces rythmes africains qui animent les cœurs et donnent le moral malgré tout a tout un peuple.
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